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07 Novembre 2016

Les mutations du secteur énergétique créent de nouveaux emplois qualifi

La question énergétique prend de l'importance tant au niveau des politiques publiques que des entreprises. Au point de créer de nouvelles opportunités d'emploi. Marc Petit, professeur à CentraleSupélec, décrypte les tendances du secteur de l'Énergie.

L'accès à l'énergie est un facteur important de nos sociétés pour accompagner leur développement. L'énergie doit être de moins en moins carbonée et maîtrisée quant à ses coûts. De fait, la question énergétique prend de plus en plus d'importance tant au niveau des politiques publiques que des entreprises. Cette montée en puissance est aussi un formidable vecteur d'innovation pour les entreprises même si elles ne sont pas des acteurs historiques du secteur.

Dans ce contexte, de nombreuses opportunités professionnelles existent pour évoluer dans le secteur de l'énergie.


L'efficacité énergétique, source de compétitivité

 

Les entreprises prennent de plus en plus conscience du besoin d'optimiser leur facture énergétique. Elles ont besoin de faire des audits énergétiques selon des règles bien définies avec des outils adéquats. Ces audits peuvent alors conduire à des investissements qui peuvent être valorisés par le biais des certificats d'économie d'énergie.

La question du retour sur investissement est fondamentale avec des objectifs de plus en plus à court terme. La maitrise de la demande d'énergie, qui repose sur les étapes Diagnostics - Investissements - Valorisation, constitue un vivier d'emplois très techniques.



Les énergies renouvelables, nécessaires au mix énergétique



Le développement des projets EnR, onshore et offshore, va continuer à croître pour atteindre les objectifs gouvernementaux. Des équipes projet doivent se constituer autour de compétences fortes dans tous les domaines : financement, foncier, raccordement, construction.

Par ailleurs, la rémunération des producteurs évolue avec une baisse des tarifs de rachat et la mise en place d'appels d'offres. Pour les sources intégrées au bâtiment, de nouvelles solutions commencent à apparaitre autour des concepts d'autoconsommation / autoproduction dont le modèle d'affaires reste encore à trouver. Il y a aussi les procédures d'appel d'offres gérées par la commission de régulation de l'énergie et portant sur les installations photovoltaïque de plus de 100 kW ou sur l'éolien offshore. Autant d'approches nouvelles qui nécessitent de nouvelles compétences.

La croissance des EnR va aussi amener les professionnels du secteur à participer à la vie du réseau électrique, abandonnant la position qui jusqu'à présent consistait à seulement injecter le maximum de puissance dans le réseau électrique (stratégie feed and forget). Les gestionnaires de parcs éoliens, par exemple, devront désormais connaître le mode de fonctionnement d'un réseau électrique.



Le pilotage de la demande, un secteur très novateur


Particulièrement dans le secteur électrique, la capacité à piloter la demande est amenée à devenir un véritable enjeu. L'idée est de contribuer à l'équilibre offre-demande, à la fois pour réduire les pointes et pour faire face à une plus grande variabilité de la production.

Aujourd'hui, le pilotage dynamique de la demande pour des services au système électrique en est encore à ses débuts. Des opérateurs se mettent en place pour valoriser ce gisement de consommation flexible dans tous les secteurs (industriel, tertiaire et résidentiel). Pour cela, il faut comprendre les processus pour évaluer leur degré de flexibilité et l'adéquation avec les services visés. Enfin, il faut maîtriser les modes de valorisation possibles auprès des acteurs du système.

Ce pilotage de la demande est un élément important des réseaux électriques intelligents (smart grids) et fait converger le secteur électrique vers celui des technologies de l'information et de la communication.

Globalement, il est nécessaire d'avoir plus de visibilité sur le comportement et la consommation des charges, alors que les exploitants de sites tertiaires et industriels - mais aussi les consommateurs résidentiels - n'ont bien souvent qu'une vue globale depuis le compteur principal. Aujourd'hui, ce pilotage de la demande fait partie de plusieurs projets démonstrateurs dédiés aux réseaux électriques intelligents (Reflexe, GreenLys, NiceGrid, BienVEnu…). Ils seront complétés par la mise en place de smart campus dans le cadre du plan « réseaux électriques intelligents » de la nouvelle France industrielle. En termes d'emploi, ces innovations ne seront pas neutres.



L'énergie : de nouveaux marchés, de nouveaux emplois



Les domaines mentionnés précédemment sont source d'opportunités pour les nouveaux acteurs (PME, ETI, start-up, grands groupes) qui souhaitent prendre position sur le secteur énergétique.

Les acteurs historiques de l'énergie doivent aussi reconsidérer leur positionnement dans un contexte en continuelle évolution.

Le secteur IT, quant à lui, occupe une position stratégique pour contribuer aux innovations dans les smart grids : captage, transmission, stockage et traitement des données pour le pilotage de la demande ou l'opération des réseaux.

Tous ces acteurs doivent apprendre à connaître le secteur électrique pour être en mesure de croiser leurs compétences propres avec les besoins du secteur électrique. C'est de cette approche transverse qu'émergeront des innovations pertinentes.

Il y a aussi, pour les secteurs électriques et IT, des opportunités liées aux zones en développement énergétique (Asie, et surtout l'Afrique) pour lesquelles beaucoup d'infrastructures sont à mettre en place.

Ces exemples montrent clairement que les besoins sont nombreux, et génèrent donc beaucoup d'opportunités à condition d'avoir les clés d'accès aux nombreuses thématiques. La formation professionnelle vous apportera ces clés tout en vous aidant à valoriser vos compétences.

Avis d'expert proposé par Marc Petit, professeur à CentraleSupélec et responsable pédagogique du Mastère spécialisé Management des Marchés de l'Énergie.

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